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Patience ! Vous verrez au fil de la lecture se dissiper la brume
d’incompréhension qui recouvre une ville… pas si imaginaire que ça. |
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Dans les deux cas, le tricorne fait évidemment songer au fou du roi, il
ne lui manque que sa marotte, qu’il a dû troquer contre… un aérosol
de peinture. Et bien oui…
Je l’ai vu, l’aérosol à la main ! Car lui aussi joue de la bombe. Tag, graffiti, pochoir ? Que va-t-il laisser sur les façades de sa ville? La cohabitation entre le pochoiriste et son sujet est telle qu’il y a identification de l’un à l’autre. Bel exemple d’autodérision.
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Je l’ai vu - « oui monsieur l’agent, comme je vous vois » - assis sur un bouton de sonnette, invitant le passant à commettre à sa place sa forfaiture : comment réagira l’occupant des lieux quand il verra les talons de l’auteur de cette plaisanterie. Et mon petit homme vert, aura-t-il détalé, lui aussi ?

Et
ce n’est pas tout…
Je l’ai vu à deux reprises, agenouillé devant un détonateur. Qu’a-t-il l’intention de dynamiter ? Difficile à dire, mais j’ai peut-être une petite idée : le « terroriste » a pris position sur la limite qui sépare une peinture ancienne d’une plus récente (plus claire), espèce de camouflage pour faire disparaître un autre petit homme vert, que l’on distingue encore fort bien en transparence. Une vengeance donc d’un congénère ?
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S’il est souvent seul, ce n’est pas pour autant un solitaire. Je l’ai rencontré en compagnie d’un de ses semblables, tout de bleu ou de vert vêtu. Ils étaient en grande conversation sur le trottoir, une discussion animée à en croire leurs gesticulations ponctuées par un ample « tope-la » final.
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Je les ai vus transporter les objets les plus divers : un regard de cave,

une plaque de cuivre portant le nom d’une école,

une plaque de service apposée par la compagnie des eaux.

Je les ai même vus porter... un trou creusé dans un mur.

Mais ses jours sont comptés. Il
est de moins en moins présent ces dernières années, chassé du centre
de Strasbourg par la politique municipale en matière de propreté
publique et de lutte contre toute forme de vandalisme. On nettoie à
tours de bras… Que va-t-il devenir ? Il faut poser la question à
son papa, dont j’ai retrouvé la trace dans l’ouvrage que Sybille
Metze-Prou a consacré aux pochoirs ainsi que dans l’encyclopédie de
Bernhard van Treeck sur les graffitis. Touche-à-tout, autodidacte,
Olivier est connu et reconnu... en Allemagne où il opère à Leipzig et
Francfort.
Et Stras-Bourges dans tout ça ???
Mes articles sont hébergés par le site de l’Ifg (Institut für Graffiti-Forschung) de Vienne (Autriche). Avec tous mes remerciements à Monsieur Norbert Siegl, son directeur.
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